À la fin du XIIIe siècle, l’hôpital est géré par six à dix frères, tous issus de la noblesse locale ou des paroisses messines. Au sommet, le Commandeur (Komtur) veille aux dépenses et aux revenus de la commanderie, et doit de temps à autre rendre des comptes au Gouverneur de la province (Landkomtur) ou au grand-maître (Hochmeister) de l’ordre. L’exploitation des biens de l’ordre est du ressort des chevaliers (Ritterbrüder) résidant sur place. Cependant, un seul frère assistait le Commandeur pour la gestion de la cave et la direction des récoltes. En outre, d’autres fonctions permettent la bonne gestion de l’hôpital ; le Trapier ou Drapier (Trappir) s’occupe de l’habillement et de l’équipement des frères ; le grand argentier (Tressler) veille à la perception des impôts et surveille les dépenses avec le Commandeur ; l’hospitalier (Spitler) administre la distribution des aumônes et le bon fonctionnement de l’hôpital. Les frères devaient respecter les consignes épiscopales, et obéir aux membres supérieurs de l’ordre, bien que le Commandeur soit un des frères de la commanderie.
L’ordre teutonique possédait des biens en Lorraine, notamment dans sa partie orientale, de langue germanique, comme à Zondrange, Bettange, Brecklange, Mégange, Roupeldange, Hundling, Nousseviller, Virming, Eincheville ou Zimming.
Carte des possessions de la maison teutonique de Metz dans l’évêché de Metz
(Cartographie : J. TRAPP - Historia Metensis)
À partie de la fin du XVe siècle, la commanderie de Metz décline, phénomène qui s’amplifie au début du siècle suivant en raison de la mauvaise gestion du gouverneur de l’ordre en Lorraine. Lors des préparatifs du siège de 1552, le duc de Guise fait raser les faubourgs, dont l’hôpital teutonique, près de la porte des Allemands. Le 19 octobre 1552, un affrontement entre les troupes françaises et impériales ne laisse de l’hôpital qu’un tas de ruines. Les frères sont relogés en ville, mais le commandeur part auprès du Gouverneur de Trèves, puisque la ville de Metz retombe sous la mouvance du roi de France. Toute trace de l’ancien hôpital Sainte-Élisabeth disparaît entre 1558 et 1559, lorsque les décombres restants sont enlevés. Toutefois, ce conflit n’affecte pas seulement les bâtiments de l’ordre à Metz. Ravagés par la guerre, les biens de Narbéfontaine, de Virming et d’Einchville produisent peu et aucun commandeur n’y est affecté. Les biens sont alors assignés en 1595 à la commanderie de Beckingen, siège du gouverneur depuis 1575. Enfin, les fortifications de Vauban font disparaître à jamais les restes de la commanderie de Metz.
Le Plant de la ville & du siege de Metz, ainsi qu’il fut presenté au Roy par Monseigneur de Guyse en l’an 1552 est l’un des seuls plans de la ville où est figuré l’hôpital Sainte-Elisabeth (BM de Metz)
De nos jours, de l’ordre teutonique à Metz, il ne reste que la rue des Allemands qui accueillit les premiers logements de l’ordre, ainsi que la porte des Allemands, qui doit son nom à l’établissement de l’hôpital devant celle-ci.
Pour en savoir plus
G. ÉTIENNE et J. TRAPP, « L’ordre teutonique à Metz (1210-1595) », dans Les Cahiers Lorrains, 3/4, 2012, p. 20-29.
D. HECKMANN, « Die Deutschordensniederlassung Metz (1210/vor 1241 bis 1552) zwischen Germania und Romania », dans HAUBRICHS Wolfgang, Grenzen erkennen-Begrenzungen überwinden, Thorbecke, Sigmaringen, 1999, p. 237-248.
H. LEMPFRIED, Die Deutschordenscomturei Metz, Sarreguemines, Maurer, 1887, 48 p.