• P1140349

     

    En vue des travaux de restauration de la porte des Allemands, prévus à partir de la fin de l’année 2012, l’association Historia Metensis a reçu l’autorisation du Service Régional de l’Archéologie de Lorraine et de la Ville de Metz d’étudier une partie de l’édifice. Les 23 et 24 août derniers, une équipe de bénévoles a ainsi relevé les murs des deux salles hautes, ainsi que de la salle basse. Cette étude s’inscrit dans les recherches de l’association sur l’enceinte médiévale de Metz entreprise en 2011. Les résultats liés à l’analyse des salles de la porte des Allemands seront disponibles à la fin de l’année 2013.

     

      P1140309  P1140318

      IMGP1039  

     

    Un grand merci aux volontaires qui ont participé à ce relevé : Aurore Duchêne-Gasseau, Anne Wilmouth, Nicolas Gasseau, Pierre-Marie Mercier, Maxime Henault, Pierre Kremer et Sébastien Wagner.

    2012-08-24 - Républicain Lorrain (Metz-vallee de l'orne)

    Le Républicain Lorrain, 24 août 2012 (cliquez sur l'article pour l'agrandir).


    votre commentaire
  • Copie de Eveque  

    Aujourd’hui dispersés dans toute l’Europe, les manuscrits réalisés pour Renaud de Bar, 69eme évêque de Metz au début du XIVe siècle, constituent de précieux témoignages de la production d’ouvrages enluminés à Metz, mais aussi de la liturgie ainsi que du goût de cet évêque pour les objets de luxe. Fils cadet du comte de Bar, Renaud fut naturellement destiné à une carrière ecclésiastique : il obtint très jeune des prébendes de chanoine à Reims, Beauvais, Cambrai, Laon et Verdun, fut archidiacre à Bruxelles puis à Besançon avant 1298 et Princier du chapitre-cathédral de Metz en 1301. 

     

    En 1302 il fut nommé prévôt de la Madeleine à Verdun et quelques semaines plus tard évêque de Metz. Pour autant, son pontificat fut essaimé de dettes, de démêlés bien souvent armés avec les seigneurs locaux, ainsi que de querelles avec les chanoines de la cité. A sa mort, en 1316 à l’abbaye Saint-Vincent, les rumeurs d’empoisonnement contre ce prélat peu apprécié reflètent sa constante impopularité et ses nombreuses inimitiés.

    2011 01

    Six manuscrits lui ayant appartenu, d’une très grande qualité d’exécution, ont été recensés. On ignore le commanditaire d’une pareille entreprise : s’agit-il de  sa sœur Marguerite, abbesse de Saint-Maur de Verdun à qui appartenait un magnifique bréviaire (BNF Lat. 1029A) ou plutôt de sa mère, Jeanne de Toucy, dont les armoiries figurent à plusieurs reprises dans les marges, à côté de celles de son fils ?


    arloiriesbar

     

    Quant à la datation de ce vaste ensemble, on s’accorde à penser que la réalisation des manuscrits a débuté avant que Renaud ne soit nommé évêque de Metz. En effet, le Missel de cet ensemble a tout d’abord été conçu pour la liturgie de Verdun, cité où Renaud de Bar était prévôt. Mais des révisions, de la main même du copiste originel, ont adaptés ce manuscrit à la liturgie messine, ce qui daterait cet ensemble de manuscrits d’entre 1302 et 1305.

    Copie de 2011 01

    BLibrary
      Hormis le Rituel à l’usage de Metz (BM Metz ms. 43 détruit en 1944), tous les autres éléments sont depuis peu accessibles en version numérisée, permettant d’appréhender un ensemble aujourd’hui dispersé dans plusieurs institutions. Tous sont des manuscrits à usage liturgique (rituel, bréviaire, pontifical et missel), faits pour être utilisés par l’évêque durant les cérémonies et contenants des oraisons, formules de bénédiction et textes sacrés utilisés durant la messe. Le décor y tient une place conséquente : les antennes feuillues et fleuries encadrent les colonnes d’écriture et servent d’appui à des drôleries, tandis que les lettres historiées font écho au texte. Çà et là, des blasons rappellent le lignage de Renaud de Bar tandis que des figures courtoises - musiciens, jeunes gens ou scènes de chasses- occupent les marges inférieures. La qualité de ces décors fait de la cité messine, où ils ont la plupart été réalisés, un centre de production artistiques de premier plan dans la première décennie du XIVe siècle.

     

    Liens pour feuilleter ces manuscrits : 

    ·       

     


    1 commentaire
  •  

    Si la ville de Metz d’aujourd’hui n’a cessé d’évoluer à travers le temps, une chose n’a jamais changé : son emplacement. En effet, la ville est née sur la colline de Sainte-Croix, à l’emplacement d’un oppidum gaulois (une place forte) de la fin du IIe s. av. J.-C. Moins de 150 ans plus tard, les habitants descendirent de cette colline pour occuper progressivement la plaine entre la Moselle et la Seille. Depuis lors, cet espace est toujours resté le cœur historique de la ville de Metz, à toutes les époques. La ville médiévale, moderne puis contemporaine s’est donc développée sur les vestiges de la ville romaine. De cette dernière, il reste pourtant plusieurs éléments encore visibles.

     

    Saint-Pierre-aux-Nonnains fait partie de ces éléments du passé antique de la ville, le seul dont l’état de conservation est remarquable. Il faut cependant noter que la transformation du lieu en église l’a modifié en profondeur. Toutefois, la base de la structure reste datée approximativement de la fin du IVe s. 

     

    St Pierre aux NonnainsSaint-Pierre-aux-Nonnains, AMM, 4Fi331

     

    Succédant à un atelier de potier, un édifice imposant (36,80 m de long, 21 m de large, haut de 20 m) à plan basilical d’une seule nef voit le jour, appartenant probablement à un ensemble thermal et pouvant faire office de palestre (lieu qui s’apparentait à une salle de sport). Cet ensemble n’est pas le seul exemple de thermes encore visibles à Metz.

    Thermes St Jacques

     

    En effet, sous le Musée de la Cour d’Or se trouvent d’autres thermes romains, datant du IIe s. L’existence de ce complexe thermal a été observé dès le XIXe s. et des recherches ont été effectuées durant le XXe s., notamment des travaux en 1932 qui ont permis de prendre conscience de l’importance des installations (environ 100 m de long sur 80 m de large). Peu de temps après, les vestiges sont intégrés au parcours muséographique du Musée et classés au titre des Monuments Historiques en 1938.

     

    Depuis le Ier s. et jusqu’au IIIe s, au moins un autre ensemble thermal fonctionnait dans la cité. Il se trouvait sous le Centre Saint-Jacques actuel et c’est lors de la construction de ce centre commercial à partir de 1973 que des vestiges de ce complexe ont été mis au jour, ainsi que de très nombreuses stèles (77 au total). Ces dernières découvertes sont entrées dans les collections du Musée mais certaines sont exposées dans le Centre Saint-Jacques.

     

     

    Vestiges des Thermes Saint-Jacques, d’après R. Jolin, « Les thermes Saint-Jacques à Metz », dans Les Cahiers Lorrains, 1982, p. 267

     

     

    Enfin, des vestiges d’un dernier grand bâtiment ont été retrouvés entre la Nexirue et la rue des Clercs. Un mur de cet édifice est intégré dans le restaurant Flunch. Il pourrait s’agir d’un édifice thermal étant donné qu’un système de chauffage par hypocauste a été mis au jour à plusieurs endroits. Cependant, faute d’études suffisantes, il n’est pas possible de se prononcer avec certitude sur la fonction de cet ensemble.

     

    Outre les édifices thermaux, quelques petites portions de l’enceinte antique restent visibles aux Messins. Dès le milieu du IIIe s., l’Empire traverse une crise sans précédent : les « Barbares » attaquent sur le Rhin, sur le Danube et en Orient. S’ensuivent des usurpations, des prises de pouvoir et une grave crise dans tous les domaines. Le calme semble rétabli sous Aurélien en 272-274, mais les Francs et les Alamans attaquent de nouveau en Gaule en 275-277. C’est suite à ces  incursions que les cités gallo-romaines vont s’enserrer dans une enceinte et Metz n’échappe pas à la règle. La construction de la muraille de la cité serait vraisemblablement datée de la fin du IIIe s. et son tracé est connu de manière générale, bien qu’il manque des informations sur quelques parties de son parcours. Le périmètre enclos faisait entre 60 et 70 hectares et la fortification mesurait entre 3 et 3,5 km.

     

    À l’est de la ville, l’enceinte passait juste au-dessus de l’actuelle place Saint-Louis. En face du numéro 55, un mur de pierre dépasse des toitures. Il a probablement été construit sur les vestiges d’une tour gallo-romaine qui appartenait à la muraille de la cité.

    55 place St LouisMur de pierre au-dessus du 55 place Saint-Louis, ©D. Rachula


    Parcelles rue Ste MarieFormes des parcelles inspirées du tracé du petit amphithéâtre (notamment les n°27, 61, 63, 64, 217 et 59), Plan Local d’Urbanisme, SIG Metz métropole

    Le tracé de cette dernière est moins certain près des rives de la Moselle. C’est à cet endroit que se trouvait le petit amphithéâtre de la ville, construit afin de pallier à l’inutilisation du grand amphithéâtre une fois Metz enserrée dans son enceinte. Situé entre la rue Sainte-Marie et le quai Paul Vautrin, il ne reste de cet édifice de loisir que quelques murs encore visibles dans les caves des particuliers. Cependant, sa forme singulière, en ellipse, a directement influé sur la topographie urbaine des rues environnantes. En effet, les parcelles du quai Paul Vautrin reprennent le tracé de l’édifice, de même que la rue Sainte-Marie elle-même.


     

    Au fur et à mesure des études, la topographie urbaine de Divodurum (Metz antique) nous apparait progressivement. Gageons que dans le futur, d’autres viendront les compléter car bien des mystères demeurent…


    votre commentaire
  • Couverture   Sommaire

     Dans le dernier numéro des Cahiers Lorrains qui vient de paraître, vous pourrez y lire, entre autres, un article de Julien Trapp, notre Président, portant sur les pratiques de l’écriture sur le site gallo-romain de Bliesbruck-Reinheim. Issue d’un Master 2 soutenu en 2006 à l’Université Paul Verlaine-Metz, cette étude se base sur le matériel issu des fouilles depuis une vingtaine d’années. Avec quels instruments les Gallo-romains écrivaient-ils ? Sur quels supports ? Mais surtout, qui écrivait ? Vous pourrez trouver un début de réponses à ces questions au sein de ce nouveau numéro.

     

    Pour se procurer ce numéro : http://shalmetz.canalblog.com/archives/adhesion_a_la_shal/index.html


    votre commentaire
  • Après la construction de l’enceinte romaine à partir du ivesiècle, Outre-Seille, à l’instar des quartiers périphériques d’Outre-Moselle ou du Sablon, est abandonné, la ville refluant ainsi vers le site primitif. Dès le viiie siècle, deux paroisses y sont attestées : Saint-Eucaire et Saint-Maximin, toutes deux élevées le long des voies romaines respectivement vers Strasbourg (actuelle rue Mazelle) et vers Mayence (actuelle rue des Allemands) et dédiées à des évêques de Trèves, dont le diocèse de Metz dépendra jusqu’à la Révolution. À partir du xiiie siècle, le quartier connaît une forte mutation par son rattachement à la cité. En effet dès 1226, une nouvelle enceinte est construite afin d’englober Outre-Seille, qui est progressivement loti. L’ecclesia Sancti Stephani est citée au début du XIIe siècle dans une procession des Rogations. Elle devient une paroisse après 1190, lorsque ses abords, alors au milieu des vignes, sont vendues par l’abbaye bénédictine de Saint-Avold, afin de faire face à l’augmentation de la population en Outre-Seille.


    St-Etienne-2.JP

    Église Saint-Étienne-le-Dépenné, intérieur, état août 2011, cliché S. Wagner

    La liste stationnale du viiie siècle cite un sanctuaire dénommé sanctus stephanus cis saliam, qui ne semble pas être notre église, au contraire de celle nommée « ultra saliam » en 1298. Dès 1245, les bans de tréfonds mentionnent une ruelle Saint Estenne lou depaney. L’église Saint-Étienne-le-Dépenné ou ecclesia Sancti Stephani laniati (1360), voire « Saint-Étiennne depuis né » chez Philippe de Vigneulles et ses contemporains, serait dédiée au pape Saint-Étienne Ier (254-257). Martyr le 2 août 257, sous Valérien, il est qualifié de « dépenné », de depannatus = laniatus, c’est-à-dire le déchiré, le déguenillé, le dépouillé (de ses vêtements), pour le distinguer de Saint-Étienne, diacre, premier martyr et titulaire de la cathédrale. Cette addition fait allusion au martyre du pape représenté dans le bas-relief qui ornait le tympan de la porte d’entrée jusqu’à la Révolution et qu’a relevé Dom Sébastien Dieudonné. Ce dernier a relevé la seule description de l’édifice dont nous disposions. De même, la seule représentation d’époque qui nous soit parvenue est celle de son clocher figurant sur la gravure d’Israël Silvestre en 1667.


    viewer

    Israël Silvestre, Profil de la Ville de Metz en Lorraine: veue du coste de la porte Mazel, détail, 1663, gravure.

     

    D’après les pouillés du diocèse, l’église possédait au xvie siècle, outre un autel à saint Étienne, un autel dédié à saint Thomas et un autre à saint Nicolas. La paroisse est réunie à celle de Saint-Maximin en 1791. L’église est démolie en partie en 1807, le chevet en 1872 et le reste est converti en magasin puis en logement jusqu’à nos jours. Néanmoins, l’édifice a conservé ses voutes et clefs de voutes en très bon état. Les éléments conservés (nef, piliers, contreforts) remontent au xive et xve siècles. La façade sur rue et ses fenêtres gothiques font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1928, tandis que la nef fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 octobre 1989. Depuis 2011, un chantier de restauration est en cours afin de redonner son cachet à cet édifice gothique méconnu du vieux Metz.

    St-Etienne3 (1)

    Église Saint-Étienne-le-Dépenné, façade, état juin 2012, cliché S. Wagner


    2 commentaires