• Les ordres hospitaliers à Metz : Templiers, Hospitaliers et Teutoniques

    Entre la fin du XIIe siècle  et la fin du XIIIe siècle, la période des croisades voit la naissance d’un nouveau type de chevaliers : les moines-soldats, constituant des ordres à la fois hospitaliers, pour accueillir les pèlerins en Terres-Sainte, et des ordres militaires, pour les défendre des Infidèles. Les trois principaux sont les Templiers, les Hospitaliers de Saint-Jean et les Teutoniques. Ayant acquis une certaine notoriété et des moyens financiers, ces ordres se développent à travers toute l’Europe, notamment à Metz, une des rares villes à accueillir les trois ordres.

    Partie 2 - Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem

     

    La sainte maison de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem est le premier ordre à être créé en Terre sainte. Vers 1070, des marchands italiens obtiennent du calife d’Égypte l’autorisation de bâtir un hôpital près de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem pour y accueillir les pèlerins. Après la prise de la ville en 1099, l’hôpital se développe et devient la maison mère d’un ordre religieux hospitalier et en 1113, le pape Pascal II reconnaît l’existence de la communauté. À partir de 1137, l’ordre est militarisé et doit ainsi offrir une escorte aux pèlerins venus en Terre sainte. 

    Comme la plupart des ordres hospitaliers, la date d’implantation de l’Hôpital à Metz reste incertaine, bien que leur présence soit attestée dès la fin du XIIe siècle. En 1194, un acte émis par l’évêque Bertram (1180-1212) donne des terres à Augny à l’ordre.

     

    Les ordres hospitaliers à Metz : Templiers, Hospitaliers et Teutoniques

     

     

    La maison des Hospitaliers était située dans l’antique petit amphithéâtre, sur les bords de la Moselle. Les frères y installent des chambres pour accueillir les pèlerins. Grâce à une gravure de C. Chastillon, nous savons que cette maison devait disposer d’une chapelle ou d’une église, mais peu de renseignements existent sur la configuration de la commanderie. Le bâtiment, devenu une épicerie, est détruit par un incendie le 25 juin 1833.  

    Après le siège de Metz par Charles Quint en 1552, les religieux sont forcés de quitter l’Hôpital En-Chambres en 1562. En effet, pour la construction de la citadelle, les religieuses de Sainte-Marie sont déplacées dans les bâtiments de la commanderie hospitalière. Par un acte du 5 mai 1565, il est convenu qu’une maison, achetée au sieur René de Moulinet et située entre les actuelles rues des Murs et Jurue, est donnée aux Hospitaliers, devenu ordre de Malte, pour la somme de 3 600 livres, ainsi que la chapelle Saint-Genest.

    L’Hôpital de Metz avait à sa tête un commandeur assisté de subalternes (maires, chapelains…). Au XIIIe siècle, ils sont originaires du diocèse de Metz, comme Conrad de Sierck (1299-1316), alors qu’au XIVe siècle ils semblent provenir des régions du sud de la France, tel Jean de Vienne (1339), avant que des frères issus de familles de l’est de la France ne reprennent la tête de l’Hôpital (Pierre de Bauffremont en 1403-1404). 

    Le patrimoine foncier et immobilier des Hospitaliers de Saint-Jean se limite à la cité messine, alors que leurs terres se trouvent à la fois à la périphérie directe de Metz et dans le Pays messin. Ces biens sont attestés dès le milieu du XIIIe siècle et ne cessent de croître jusqu’à la fin du XVe siècle. À partir du XVIe siècle, par obligation, l’ordre de Malte acquiert l’hôtel de Malte situé rue Sous les Murs, confié au commandeur en 1565 pour les préjudices subits lors du siège de 1552. Le patrimoine foncier augmente notamment lors de la disparition des Templiers en 1312. Dans la périphérie directe de Metz, ces biens se composent surtout de terres (rue des Allemands, Maizière, en Longueroy, Pontiffroy, sous Saint-André, En Lairey, Outre-Seille) et de vignes (Châtel, Ban-Saint-Martin, En Lairey) sur lesquels ils perçoivent quelques jours de bail.

    Existant encore de par le monde, la présence passée de l’ordre de Malte est toujours visible dans le paysage messin. Aux alentours de Metz les Hospitaliers sont encore présents, notamment à Montigny-lès-Metz, où l’ordre possédait des terres, par son blason qui comporte la croix de Jérusalem.

    Les ordres hospitaliers à Metz : Templiers, Hospitaliers et Teutoniques

     

     

    E. de BOUTEILLER, « Notice sur la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem à Metz », dans Mémoires de l’Académie impériale de Metz, 1865, p. 265-294. 

    J.-F. DRIANT, La Commanderie du Petit Saint-Jean de la ville de Metz : implantation et fonctionnement de la Commanderie de l'Ordre de Malte à Metz, XVIIe-XVIIIe siècles, Mémoire de Maîtrise sous la direction de F.-Y. Lemoigne, Université de Metz, 1987, 257 p. 

    P.-M. MERCIER et J. TRAPP, « L’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Metz », dans Renaissance du Vieux Metz, 151, avril 2009, p. 22-26. 


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