• Le siège de Metz de 1552

              Au XVIe siècle, Metz n'est plus une cité aussi riche qu'auparavant. La prospérité des XIIIe-XIVe siècles s'est envolée, notamment à cause des conflits incessants avec les Ducs de Lorraine. Organisée en république oligarchique autour d'un cercle de familles influentes (les paraiges), la « ville libre » continue pourtant à garder son indépendance face au Saint-Empire romain germanique. La prise de Metz par le connétable Anne de Montmorency, aux ordres du roi de France Henri II, va néanmoins bouleverser la vie de la cité.


    Siège de 1552

               B. de Salignac. Le Siège de Mets, en l'an M. D. LII. BM Metz. Fond Mutelet. Res MUT. 0512

     

                En 1552, à la suite du « voyage d'Allemagne » de Henri II, l'empereur Charles Quint est affaibli, humilié, sans le sou et sans soldat. Il a dû fuir les princes luthériens, négocier rapidement un traité de paix pour faire stopper l'avancée de Henri II et a perdu plusieurs villes, dont Verdun, Toul et Metz.


                Souhaitant redorer son blason, l'empereur décide de faire la reconquête de ses territoires et jette son dévolu, après quelques hésitations, sur Metz. Avec une armée nouvellement construite, principalement composée de mercenaires, il atteint la ville aux alentours du 19 octobre.


                Défendue par une garnison française sous les ordres du Duc de Guise, cette dernière est préparée à subir un long siège. Des quartiers ont été rasés, des aménagements défensifs ont été construits et des réserves de vivres ont été créées.


                Le 9 novembre, la batterie est installée et une partie des 150 canons impériaux – chiffre considérable pour l'époque – commence à marteler la muraille sud de Metz. Malgré les dégâts infligés tout au long des semaines, jamais l'armée de Charles Quint ne tentera d'entrer dans la cité. Au contraire, ce sont les Français qui n'hésitent pas à sortir et à multiplier les escarmouches contre un ennemi peu habitué à se battre en hiver.


                Minée par les désertions et les maladies, l'armée impériale voit ses forces peu à peu diminuer. Finalement, le 22 décembre, Charles Quint décide de lever le siège. Lorsqu'il quitte son logis le 1er janvier 1553, l'empereur sait qu'il a fait plus que perdre une bataille. Avec cette défaite, tous ces désirs de reconquête et ses rêves de revanche s'envolent. Dépité, il ne verra pas les dernières troupes quitter les abords de Metz le 9 janvier et mettre fin à son siège.

     

                Même si elle fait juridiquement partie du Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1648, Metz perd définitivement son indépendance et devient une place forte du royaume de France à la suite du siège de 1552. Dès 1556, de grands travaux sont lancés pour construire une citadelle qui accueillera la forte garnison de la ville, et fera de cette dernière une des premières lignes de défense du royaume.


    medaillesiegemetzMédaille commémorative du siège de la ville de Metz (Paris, janvier 1553)

    Avers: couronné Buste d'Henri II et inscription "HENRICO II FRANC R CHRISTIANIS OPT PRINCIPI."

    Revers: Inscription "MET/ LIBER OBSID/ CAR V IMP ET GE/ RM OPPVG FRANC/ A LOTHOR DVCE/ GVIS FOELICIS/ PROPVCI" ainsi que la date entourant les armoiries de Metz.



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