• Copie de Eveque  

    Aujourd’hui dispersés dans toute l’Europe, les manuscrits réalisés pour Renaud de Bar, 69eme évêque de Metz au début du XIVe siècle, constituent de précieux témoignages de la production d’ouvrages enluminés à Metz, mais aussi de la liturgie ainsi que du goût de cet évêque pour les objets de luxe. Fils cadet du comte de Bar, Renaud fut naturellement destiné à une carrière ecclésiastique : il obtint très jeune des prébendes de chanoine à Reims, Beauvais, Cambrai, Laon et Verdun, fut archidiacre à Bruxelles puis à Besançon avant 1298 et Princier du chapitre-cathédral de Metz en 1301. 

     

    En 1302 il fut nommé prévôt de la Madeleine à Verdun et quelques semaines plus tard évêque de Metz. Pour autant, son pontificat fut essaimé de dettes, de démêlés bien souvent armés avec les seigneurs locaux, ainsi que de querelles avec les chanoines de la cité. A sa mort, en 1316 à l’abbaye Saint-Vincent, les rumeurs d’empoisonnement contre ce prélat peu apprécié reflètent sa constante impopularité et ses nombreuses inimitiés.

    2011 01

    Six manuscrits lui ayant appartenu, d’une très grande qualité d’exécution, ont été recensés. On ignore le commanditaire d’une pareille entreprise : s’agit-il de  sa sœur Marguerite, abbesse de Saint-Maur de Verdun à qui appartenait un magnifique bréviaire (BNF Lat. 1029A) ou plutôt de sa mère, Jeanne de Toucy, dont les armoiries figurent à plusieurs reprises dans les marges, à côté de celles de son fils ?


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    Quant à la datation de ce vaste ensemble, on s’accorde à penser que la réalisation des manuscrits a débuté avant que Renaud ne soit nommé évêque de Metz. En effet, le Missel de cet ensemble a tout d’abord été conçu pour la liturgie de Verdun, cité où Renaud de Bar était prévôt. Mais des révisions, de la main même du copiste originel, ont adaptés ce manuscrit à la liturgie messine, ce qui daterait cet ensemble de manuscrits d’entre 1302 et 1305.

    Copie de 2011 01

    BLibrary
      Hormis le Rituel à l’usage de Metz (BM Metz ms. 43 détruit en 1944), tous les autres éléments sont depuis peu accessibles en version numérisée, permettant d’appréhender un ensemble aujourd’hui dispersé dans plusieurs institutions. Tous sont des manuscrits à usage liturgique (rituel, bréviaire, pontifical et missel), faits pour être utilisés par l’évêque durant les cérémonies et contenants des oraisons, formules de bénédiction et textes sacrés utilisés durant la messe. Le décor y tient une place conséquente : les antennes feuillues et fleuries encadrent les colonnes d’écriture et servent d’appui à des drôleries, tandis que les lettres historiées font écho au texte. Çà et là, des blasons rappellent le lignage de Renaud de Bar tandis que des figures courtoises - musiciens, jeunes gens ou scènes de chasses- occupent les marges inférieures. La qualité de ces décors fait de la cité messine, où ils ont la plupart été réalisés, un centre de production artistiques de premier plan dans la première décennie du XIVe siècle.

     

    Liens pour feuilleter ces manuscrits : 

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    Si la ville de Metz d’aujourd’hui n’a cessé d’évoluer à travers le temps, une chose n’a jamais changé : son emplacement. En effet, la ville est née sur la colline de Sainte-Croix, à l’emplacement d’un oppidum gaulois (une place forte) de la fin du IIe s. av. J.-C. Moins de 150 ans plus tard, les habitants descendirent de cette colline pour occuper progressivement la plaine entre la Moselle et la Seille. Depuis lors, cet espace est toujours resté le cœur historique de la ville de Metz, à toutes les époques. La ville médiévale, moderne puis contemporaine s’est donc développée sur les vestiges de la ville romaine. De cette dernière, il reste pourtant plusieurs éléments encore visibles.

     

    Saint-Pierre-aux-Nonnains fait partie de ces éléments du passé antique de la ville, le seul dont l’état de conservation est remarquable. Il faut cependant noter que la transformation du lieu en église l’a modifié en profondeur. Toutefois, la base de la structure reste datée approximativement de la fin du IVe s. 

     

    St Pierre aux NonnainsSaint-Pierre-aux-Nonnains, AMM, 4Fi331

     

    Succédant à un atelier de potier, un édifice imposant (36,80 m de long, 21 m de large, haut de 20 m) à plan basilical d’une seule nef voit le jour, appartenant probablement à un ensemble thermal et pouvant faire office de palestre (lieu qui s’apparentait à une salle de sport). Cet ensemble n’est pas le seul exemple de thermes encore visibles à Metz.

    Thermes St Jacques

     

    En effet, sous le Musée de la Cour d’Or se trouvent d’autres thermes romains, datant du IIe s. L’existence de ce complexe thermal a été observé dès le XIXe s. et des recherches ont été effectuées durant le XXe s., notamment des travaux en 1932 qui ont permis de prendre conscience de l’importance des installations (environ 100 m de long sur 80 m de large). Peu de temps après, les vestiges sont intégrés au parcours muséographique du Musée et classés au titre des Monuments Historiques en 1938.

     

    Depuis le Ier s. et jusqu’au IIIe s, au moins un autre ensemble thermal fonctionnait dans la cité. Il se trouvait sous le Centre Saint-Jacques actuel et c’est lors de la construction de ce centre commercial à partir de 1973 que des vestiges de ce complexe ont été mis au jour, ainsi que de très nombreuses stèles (77 au total). Ces dernières découvertes sont entrées dans les collections du Musée mais certaines sont exposées dans le Centre Saint-Jacques.

     

     

    Vestiges des Thermes Saint-Jacques, d’après R. Jolin, « Les thermes Saint-Jacques à Metz », dans Les Cahiers Lorrains, 1982, p. 267

     

     

    Enfin, des vestiges d’un dernier grand bâtiment ont été retrouvés entre la Nexirue et la rue des Clercs. Un mur de cet édifice est intégré dans le restaurant Flunch. Il pourrait s’agir d’un édifice thermal étant donné qu’un système de chauffage par hypocauste a été mis au jour à plusieurs endroits. Cependant, faute d’études suffisantes, il n’est pas possible de se prononcer avec certitude sur la fonction de cet ensemble.

     

    Outre les édifices thermaux, quelques petites portions de l’enceinte antique restent visibles aux Messins. Dès le milieu du IIIe s., l’Empire traverse une crise sans précédent : les « Barbares » attaquent sur le Rhin, sur le Danube et en Orient. S’ensuivent des usurpations, des prises de pouvoir et une grave crise dans tous les domaines. Le calme semble rétabli sous Aurélien en 272-274, mais les Francs et les Alamans attaquent de nouveau en Gaule en 275-277. C’est suite à ces  incursions que les cités gallo-romaines vont s’enserrer dans une enceinte et Metz n’échappe pas à la règle. La construction de la muraille de la cité serait vraisemblablement datée de la fin du IIIe s. et son tracé est connu de manière générale, bien qu’il manque des informations sur quelques parties de son parcours. Le périmètre enclos faisait entre 60 et 70 hectares et la fortification mesurait entre 3 et 3,5 km.

     

    À l’est de la ville, l’enceinte passait juste au-dessus de l’actuelle place Saint-Louis. En face du numéro 55, un mur de pierre dépasse des toitures. Il a probablement été construit sur les vestiges d’une tour gallo-romaine qui appartenait à la muraille de la cité.

    55 place St LouisMur de pierre au-dessus du 55 place Saint-Louis, ©D. Rachula


    Parcelles rue Ste MarieFormes des parcelles inspirées du tracé du petit amphithéâtre (notamment les n°27, 61, 63, 64, 217 et 59), Plan Local d’Urbanisme, SIG Metz métropole

    Le tracé de cette dernière est moins certain près des rives de la Moselle. C’est à cet endroit que se trouvait le petit amphithéâtre de la ville, construit afin de pallier à l’inutilisation du grand amphithéâtre une fois Metz enserrée dans son enceinte. Situé entre la rue Sainte-Marie et le quai Paul Vautrin, il ne reste de cet édifice de loisir que quelques murs encore visibles dans les caves des particuliers. Cependant, sa forme singulière, en ellipse, a directement influé sur la topographie urbaine des rues environnantes. En effet, les parcelles du quai Paul Vautrin reprennent le tracé de l’édifice, de même que la rue Sainte-Marie elle-même.


     

    Au fur et à mesure des études, la topographie urbaine de Divodurum (Metz antique) nous apparait progressivement. Gageons que dans le futur, d’autres viendront les compléter car bien des mystères demeurent…


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  • Après la construction de l’enceinte romaine à partir du ivesiècle, Outre-Seille, à l’instar des quartiers périphériques d’Outre-Moselle ou du Sablon, est abandonné, la ville refluant ainsi vers le site primitif. Dès le viiie siècle, deux paroisses y sont attestées : Saint-Eucaire et Saint-Maximin, toutes deux élevées le long des voies romaines respectivement vers Strasbourg (actuelle rue Mazelle) et vers Mayence (actuelle rue des Allemands) et dédiées à des évêques de Trèves, dont le diocèse de Metz dépendra jusqu’à la Révolution. À partir du xiiie siècle, le quartier connaît une forte mutation par son rattachement à la cité. En effet dès 1226, une nouvelle enceinte est construite afin d’englober Outre-Seille, qui est progressivement loti. L’ecclesia Sancti Stephani est citée au début du XIIe siècle dans une procession des Rogations. Elle devient une paroisse après 1190, lorsque ses abords, alors au milieu des vignes, sont vendues par l’abbaye bénédictine de Saint-Avold, afin de faire face à l’augmentation de la population en Outre-Seille.


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    Église Saint-Étienne-le-Dépenné, intérieur, état août 2011, cliché S. Wagner

    La liste stationnale du viiie siècle cite un sanctuaire dénommé sanctus stephanus cis saliam, qui ne semble pas être notre église, au contraire de celle nommée « ultra saliam » en 1298. Dès 1245, les bans de tréfonds mentionnent une ruelle Saint Estenne lou depaney. L’église Saint-Étienne-le-Dépenné ou ecclesia Sancti Stephani laniati (1360), voire « Saint-Étiennne depuis né » chez Philippe de Vigneulles et ses contemporains, serait dédiée au pape Saint-Étienne Ier (254-257). Martyr le 2 août 257, sous Valérien, il est qualifié de « dépenné », de depannatus = laniatus, c’est-à-dire le déchiré, le déguenillé, le dépouillé (de ses vêtements), pour le distinguer de Saint-Étienne, diacre, premier martyr et titulaire de la cathédrale. Cette addition fait allusion au martyre du pape représenté dans le bas-relief qui ornait le tympan de la porte d’entrée jusqu’à la Révolution et qu’a relevé Dom Sébastien Dieudonné. Ce dernier a relevé la seule description de l’édifice dont nous disposions. De même, la seule représentation d’époque qui nous soit parvenue est celle de son clocher figurant sur la gravure d’Israël Silvestre en 1667.


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    Israël Silvestre, Profil de la Ville de Metz en Lorraine: veue du coste de la porte Mazel, détail, 1663, gravure.

     

    D’après les pouillés du diocèse, l’église possédait au xvie siècle, outre un autel à saint Étienne, un autel dédié à saint Thomas et un autre à saint Nicolas. La paroisse est réunie à celle de Saint-Maximin en 1791. L’église est démolie en partie en 1807, le chevet en 1872 et le reste est converti en magasin puis en logement jusqu’à nos jours. Néanmoins, l’édifice a conservé ses voutes et clefs de voutes en très bon état. Les éléments conservés (nef, piliers, contreforts) remontent au xive et xve siècles. La façade sur rue et ses fenêtres gothiques font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1928, tandis que la nef fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 octobre 1989. Depuis 2011, un chantier de restauration est en cours afin de redonner son cachet à cet édifice gothique méconnu du vieux Metz.

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    Église Saint-Étienne-le-Dépenné, façade, état juin 2012, cliché S. Wagner


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  •  Aujourd’hui, les chercheurs s’accordent sur le fait que les paraiges occupent une place centrale dans le gouvernement de Metz. Accaparant l’ensemble des magistratures urbaines de l’oligarchie messine, ce système n’accorde aucun droit aux individus, mais au groupe. Cette organisation pose un certain nombre d’interrogations et la discussion reste ouverte sur la nature de ces associations, sur leur origine et sur les limitations à cinq groupements, alors que de nouvelles familles émergent et ne sont pas négligeables.

     Paraiges

     

              Quatre des cinq paraiges portent des noms qui sont à la fois ceux de familles importantes au XIIe siècle et de quartiers de la cité : Port-Sailly, Porte-Moselle, Outre-Seille et Jurue. Cette dénomination a donc suggéré l’idée que le paraige s’est formé autour de familles implantées dans un quartier. Marianne Pundt, tout en reconnaissant les liens entre paraiges et quartier clairement indiqués dans l’accord de paix urbaine de 1250, conteste l’importance de ce facteur. Elle démontre qu’autour d’un noyau de lignages anciens le paraige groupe une clientèle de serviteurs, de protégés voire de serfs. Elle insiste ainsi sur le caractère familial du paraige.

     

              Quant aux étapes de leur formation, les paraiges sont issus des familles influentes au XIIe siècle. Ces lignages fournissent les maîtres-échevins et les Treize et s’imposent par leur puissance financière ainsi que par leur connaissance de la coutume et des rouages administratifs. Toutefois, la première mention des paraiges, sans aucune autre précision, remonte à la Commune Paix de 1215. Cette dernière démontre la grande solidarité familiale et consolide la cohésion des groupes dirigeants. Marianne Pundt date de cette époque l’extension des fortifications de Metz. Cette extension implique pour les paraiges une participation à la défense ainsi que des responsabilités militaires. Ceci a pour conséquence de structurer ces groupes de dirigeants. Solidarité familiale, expérience administrative et responsabilité militaire confèrent à ces groupements une force qui attire les ambitieux et permet à des clans influents de s’emparer du gouvernement de la cité.

     

              Le paraige est-il un lignage ? Le mot de paraige est employé dans le sens de famille, à Metz, aux XVe et XVIe siècles. Philippe de Vigneulles nous en fournit plusieurs exemples : « tout premièrement en Metz gouvernoient ung parage nommé les Gouls, puis gouvernoit et fut en bruit ung aultre parage nommé Faulcon, et avec iceulx gouvernoit ung aultre parage nommé les Corbelz et les Piedz-déchaults ». Ces représentants appartiennent à des familles connues qui existent à Metz au XIIIe siècle, mais il n’y a jamais eu de paraiges proprement dits portant ces noms. On a donc employé ici le mot de paraige dans le sens de famille.

     blasons

     

              Le paraige, tel qu’il se présente en 1250, est fondé sur les lignages, mais ne leur est pas équivalent. D’une part, le choix a porté sur cinq groupes de familles qui se sont associés à des familles du Commun. D’autre part, les paraiges, comme ils apparaissent dans les documents, ne comprennent qu’une partie des lignages, groupés sous leur nom. Marianne Pundt perçoit cette distinction entre lignage et paraige, sans y insister.Vers la fin du XIVe siècle et au XVe siècle, on voit le mot de lignage, qui exprime l’idée de descendance, employé dans les qualifications données aux membres des paraiges messins. Ces derniers sont appelés « gens de lignages » dans les documents de cette époque. Ce qui est normal puisque depuis l’atour de 1367, les personnes sont admises dans les paraiges qu’en vertu de droits héréditaires conférés par la naissance. Nous comprenons, dès lors, comment la nécessité d’appartenir à un lignage pour faire partie d’un paraige peut amener à la confusion entre lignage et paraige et produire jusqu’à un certain point la synonymie des expressions.

     

     

     

     


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    Le "Musée d'Architecture" du Musée de La Cour-d'Or Metz Métropole

     

    Depuis les travaux de Gérald Collot (conservateur du Musée de Metz entre 1957 et 1987), très peu d’études ont été menées sur l’architecture civile messine du Moyen Age et de la Renaissance. Passionné par ce patrimoine -dont le devenir était incertain face aux grands travaux d’aménagements urbains et à la réhabilitation de quartiers tout entiers depuis le début des années 1960- ce conservateur a su réagir en conséquence et récupérer des éléments architecturaux de nature variée - allant de simples fragments à des structures extrêmement imposantes - afin de les faire entrer dans les collections du musée. 

     

    1 page de présentation de l'article

    Ill.1.Vue de la cour du Grenier de Chèvremont. avec la façade de l’ancien Hôtel de Philippe le Gronnais, et un élément de colombage provenant de l’ancienne rue Ladoucette. Photographie : ©Laurianne Kieffer, Musée de La Cour d’Or – Metz Métropole.

     

    Tous se rencontrent dans les salles du musée consacrées à la présentation des grands principes de constructions religieuses et civiles, ainsi qu’aux spécificités de l’architecture messine. En effet, à cette époque, la maison traditionnelle messine était singulière. Gérald Collot insistait sur sa décoration, l’agencement de ses façades, sur son volume, très simple, cubique, mais aussi et surtout sur son couvrement original à rapprocher de l’architecture civile des Républiques Italiennes. Les quatre murs simples qui composent la demeure dissimulent l’extrémité inférieure des toitures de tuiles creuses, si bien qu’à faible distance, la maison messine donne l’impression de ne pas comporter de toiture mais une terrasse. La façade, crénelée ou non, (comme celles de l’actuelle Place Saint-Louis ou du Grenier de Chèvremont), donne la sensation qu’il s’agit d’un décor de théâtre, que Gérald Collot a nommé « façade écran ».

     

     sallegothique

     

    Ill.2. Vue de la salle gothique – fenêtres à arcs brisés provenant de l’ancienne église Saint-Livier de Metz, XIIIe siècle – à gauche : portes du Jubé provenant de l’ancienne église des Grands Carmes de Metz, XVe siècle. Photographie : ©Laurianne Kieffer, Musée de La Cour d’Or – Metz Métropole.


            C’est ainsi qu’à force de récupérations, une grande collection de vestiges de l’époque médiévale et du début de la Renaissance (du XIIe siècle au XVIe siècle environ) s’est constituée au fur et à mesure des opportunités qui se présentaient sur les chantiers municipaux. On y trouve des linteaux romans, des fenêtres gotiques à arcs brisés d’anciennes églises, des portes de Jubés du gothique flamboyant, des croisées d’ogives de caves voûtées, des clés de voûtes à diamètres variés, des tympans de fenêtres et de portes à arcature trilobés, des éléments de colombages et même la façade toute entière de l’ancien Hôtel Patricien de Philippe le Gronnais. 

     

    Une fois réunis, ces éléments architecturaux ont été présentés de manière étonnante dans les nouvelles salles d’exposition du musée. D’ailleurs c’est en partie pour cette raison que la mise en place d’un concept muséographique novateur dans les années 1980, destiné à transformer des espaces d’exposition en un véritable « Musée d’Architecture », a participé à l’obtention d’une mention d’honneur au prix européen des musées en 1981.


    ArchitectureIll.3. Vue de l’espace du Musée d’Architecture consacré aux grands principes de l’architecture civile messine. Photographie : ©Laurianne Kieffer, Musée de La Cour d’Or – Metz Métropole.


    En effet, lorsque l’on traverse les salles du Musée consacrées à la mise en valeur de l’architecture messine –religieuse et civile- on ne peut que ressentir le parcours tumultueux de ces vestiges qui ont souffert. Gérald Collot a souhaité les mettre en scène de manière à recréer une atmosphère coupée de l’espace-temps, en jouant sur l’association de murs sombres et d’un éclairage relativement faible. Le visiteur est ainsi pris au jeu : les panneaux explicatifs confrontés  aux vestiges authentiques sont sensés le préparer à la visite de la ville même, l’étape intermédiaire étant la fameuse cour du Grenier de Chèvremont, dans laquelle le conservateur a souhaité remettre certains vestiges en contexte, en les intégrant à la maçonnerie des bâtiments du musée. Seul le Grenier lui-même est à sa place originale, les autres façades étant des reconstitutions, excepté celle de l’Hôtel de Philippe le Gronnais qui fut intégralement déposée pour être remontée dans la cour. 


    Pour en savoir plus et accéder au dossier, cliquez ici:

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